Nos trucs pour reconnaître une bonne tuile ancienne

Après 15 000 tuiles manuellement descendues et triées durant l’été 2007, pour les revendre, Pierres Vivantes s’estime capable de juger à l’oeil une bonne tuile d’une mauvaise !
Tuile ancienneLes nôtres datent pour beaucoup de 1815. Plusieurs sont datées à la main, ou signées (ci-contre : Antoine Perrod), ou même dessinées : des vaches, des lignes ondulantes, le nom d’un jeune homme et d’une jeune fille (son amoureuse ?), et même un post-it écrit en charabia phonétique qui prend note d’une commande de tuiles !

Les fabricants ont varié, mais sont tous des locaux (de la Bresse voisine, à 10 km de chez nous), ce qui se comprend car chaque tuile pèse environ 1,3 kg et à l’époque il fallait les transporter sans camion. Or la Bresse, et ses terres argileuses, sont riches en briqueteires et anciennes tuileries. Nos tuiles varient parfois considérablement en dimensions, et en couleur, passant du rouge brique au grenat.

Reconnaître une bonne tuile ancienne

  • En fait, une bonne tuile est déjà, nécessairement, lourde. Sinon, on peut craindre sa porosité.
  • Elle est plate, vraiment plate (dans le cas de petites tuiles bourguignonnes, évidemment, ici on n’est as en Provence ! ). si vous remontez une tuile courbe sur votre nouveau toit, et que vous marchiez dessus, elle a de fortes chances de casser, alors qu’une tuile qui appuie bien partout sur les autres est plus résistante.
  • Elle n’est pas fissurée. Quant aux trous, ils sont tolérés s’ils sont isolés, forcément situés sur l’envers de la tuile, et jamais profonds.
  • Pour vous donner une idée, on a gardé, selon les secteurs de la toiture, entre une tuile sur deux, et deux sur trois.

    Faire tinter les tuiles

    Nous avons donc réalisé nos palettes sur ces critères intuitifs. Il s’avère qu’en faisant ensuite sonner deux tuiles entre elles, nous avons remarqué une différence de timbre entre les fissurées, par exemple, et les « belles ». Les fissurées sonnent « creux ». Le vieux truc des charpentiers qui disent reconnaître à l’oreille les tuiles est donc valable, et probablement plus rapide que l’examen visuel ci-dessus. Ceci dit, pour commencer dans le métier, le bon sens et le coup d’oeil font des miracles (attendez-vous quand même à devoir défaire vos palettes au bout de 5000 tuiles, le temps de comprendre votre erreur et de retrier le travail mal fait…)
    En revanche, une belle tuile n’est pas forcément entière : le pureau, donc la partie visible, ne commpte que pour le dernier tiers inférieur de la tuile. Si la tuile est cassée au coin gauche supérieur, elle n’est donc pas à mettre au rebut pour autant.

    La mousse : pas un problème

    Quant à la mousse, elle ne nous a pas rebutés, et nous avons gardé les tuiles moussues telles quelles.

    Ci-contre, une innocente petite fissure sur la face intérieure de la tuile, qui suscite cependant la méfiance : si l’eau s’infiltre dedans (je sais, cette face-là est abritée, mais bon) la tuile risque de geler puis d’éclater. D’ailleurs bien souvent quand on retourne la tuile, côté extérieur, on retrouve un signe d’usure à l’aplomb de la fissure.
    Donc, pour nous : mauvaise tuile.
    Les plus sournoises sont les fissures sur la tranche, qui signent une tuile prête à casser dès qu’on posera le pied dessus.

    Tuiles

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